Molécule d'oestrogène

Oestrogènes et progestérone, comment régler le ratio ?

Oestrogène-progestérone, un déséquilibre fréquent

Molécule d'oestrogène
Molécule d’oestrogène

Un des déséquilibres hormonaux retrouvé le plus fréquemment chez la femme concerne le ratio oestrogènes/progestérone. Madame, si votre médecin ou votre endocrinologue vous donne des hormones pour corriger ce problème et que vous êtes satisfaite du traitement, ce papier ne vous est pas destiné.  Si au contraire le traitement ne vous sied pas trop, voici une autre approche…

Le ratio progestérone et oestrogènes

Les récepteurs d’œstrogènes et de progestérone se trouvent dans les mêmes tissus. La progestérone et les oestrogènes sont comme les deux côtés opposés d’une balançoire à bascule. En d’autres mots, ces hormones semblent fonctionner comme des vases communicants. Il suffit que l’une soit faible pour que l’autre soit prépondérante et réciproquement.

Sans entrer dans les détails, ce ratio désigne le taux de progestérone divisé par celui d’oestrogènes, qu’on analyse la salive (préférable pour les hormones) ou le sang.  Ce ratio s’échelonne généralement entre 100 et 500, avec un objectif recherché supérieur à 200 le plus souvent.

Quand la progestérone est basse en regard des oestrogènes, le ratio baisse.  La tendance est à exprimer alors une dominance oestrogénique, ce qui est fréquent pour la femme autour de 40 ans. Cela suggère également une déficience en progestérone.

Quand la progestérone est haute par rapport aux oestrogènes, on parle de dominance de la progestérone. Cela suggère également une déficience en oestrogènes en regard de la progestérone.

Symptômes de déficience en progestérone (ou dominance oestrogénique) :

  • changements d’humeur
  • anxiété
  • nervosité
  • irritabilité
  • dépression
  • migraines
  • bouffées de chaleur
  • baisse de la libido
  • problèmes de menstruations (trop courtes/trop longues, irrégulières,  abondantes)
  • syndromes prémenstruels
  • symptômes de la ménopause

Traitement classique

Le gold standard en 2017 pour équilibrer une dominance oestrogénique (ce que j’appelle régulièrement au cabinet un hyperoestrogénisme) consiste à prendre de la progestérone pour faire remonter son taux par rapport aux oestrogènes, afin de « rééquilibre » le ratio.

Réciproquement, pour une dominance en progestérone, le traitement classique consiste à prendre des oestrogènes.

Le trait est largement simplifié.

La vraie question

Pourquoi le ratio n’est-il pas correct ? Qui s’est posé cette question avant de démarrer le traitement ou encore qui a tenté d’y répondre ?  C’est le rôle d’une approche holistique de se la poser et de tenter de trouver de vraies solutions.

En dehors de l’ablation des ovaires, ce qui peut constituer une raison de prendre des hormones, le mieux pour équilibrer le ratio pourrait bien être de ne pas en prendre ! Cette attitude est bien évidemment controversée mais mérite d’être discutée.

Correction du ratio progestérone et oestrogènes

Au moins 9 fois sur 10 le déséquilibre penche vers les oestrogènes qui sont trop hauts. Les cas restants concernent une progestérone basse (environ 5% des cas).

Les femmes souffrant de symptômes tels que décrits plus haut devraient commencer par soupçonner l’excès d’oestrogènes.

Même en cas où les tests salivaires ou sanguins annoncent un taux très faible d’oestrogènes, il est suggéré en médecine naturelle  d’aller voir d’abord du côté d’un excès ou d’une dysrégulation des oestrogènes, plutôt qu’une « défaillance » en progestérone.

Ainsi presque pour chaque cas, la solution se tourne vers la baisse des oestrogènes.

Pourquoi trop d’oestrogènes ?

Le foie

Le foie est l’un des responsables de l’hyper-oestrogénisme. Quand tout se passe bien, c’est lui qui détoxifie les excès d’oestrogènes au cours de ses deux phases de détox, communément nommées phase 1 et phase 2.

La phase 1 métabolise les oestrogènes en produits qui doivent encore être détoxiqués lors de la phase 2.

Quand la phase 1 est défaillante (plus ou moins), les oestrogènes sont convertis incorrectement en oestrogènes carcinogéniques, lesquels peuvent conduire au cancer du sein, de l’endomètre, du col pour la femme, à celui de la prostate pour l’homme. Les agresseurs de la phase 1 sont, entre autres, la caféine, l’alcool, les pesticides et la plupart des fumées. Vous pouvez considérer par exemple, que votre phase 1 n’est pas au top, si après avoir bu une tasse de café ou une boisson énergétique vous ne ressentez pas de regain d’énergie.

La phase 2 consiste à l’attache des oestrogènes transformés à la phase 1 avec des molécules spécialisées pour pouvoir les excréter. Si cette phase est défaillante, seule une portion sera excrétée. L’excès d’oestrogènes se remet alors dans la circulation et commet ses malversations (voir la liste des symptômes plus haut).

L’intestin

Notre intestin contient environ 2 kg de micro-organismes qui vivent là et aident à la digestion. Cependant parmi ces micro-organismes, il y a des « individus » intéressants et d’autres carrément nuisibles, les uns équilibrant les autres, quand tout se passe bien. Il suffit que l’équilibre soit rompu et la digestion se fait moins bien, avec une absorption insuffisante. On parle alors de dysbiose.

Avec une dysbiose, l’intestin intoxique le foie qui ne reçoit pas tout le « matériel » pour faire son travail. Rappelons-nous que le foie est une formidable usine dont l’une des tâches est la détoxication pour laquelle il faut des ingrédients. Si l’intestin est défaillant à lui fournir, il ne peut accomplir sa mission correctement.

Les xénoestrogènes

Les xénoestrogènes sont des agents chimiques de notre environnement auxquels nous sommes exposés et qui ont un effet oestrogène-like ou bien encore, stimulent l’activité oestrogénique. Les plus importants de ces xénoestrogènes connus à ce jour (on pourrait en découvrir d’autres !) sont les phtalates et le bisphénolA. Malheureusement, il y en a dans certaines boissons, certains shampooings, déodorants, serviettes, détergents, de nombreux plastiques. En plus de leur effet oestrogènes-like, ils doivent emprunter les mêmes voies de détoxication que les oestrogènes natifs afin d’être excrétés, d’où un effet de compétition qui rajoute encore à la difficulté.

Les surrénales

Les surrénales jouent un rôle important pour le maintien des oestrogènes. En effet elles sécrètent entre autres les mêmes hormones que les ovaires, à savoir oestrogènes et progestérone. Des surrénales en bonne santé aident à vivre une ménopause sans souci. Manger trop de féculents et sucres, boire trop de café ou encore subir trop de stress peuvent affecter ces glandes et perturber leur sécrétion d’hormones…

L’obésité

L’obésité est communément vue comme juste un excès de poids, mais il est important de considérer que les cellules graisseuses (tissu adipeux) sont des cellules fonctionnelles. Le surpoids ne fait pas qu’affecter l’apparence ! En effet, les cellules adipeuses fabriquent elles aussi des oestrogènes. Ainsi les oestrogènes participent du gain de poids mais les cellules graisseuses fabriquent également des oestrogènes. Il y a là un cercle vicieux. En sus, les tissus adipeux sont responsables d’inflammation dans le corps, menant aux douleurs, problèmes d’immunité…

Les autres facteurs d’hyper-oestrogénisme

La mélatonine. Cette hormone du sommeil est sécrétée par la glande pinéale avec l’obscurité. Si votre sommeil n’est pas bon, que vous gardez de la lumière (même faible) pendant que vous dormez, la mélatonine sécrétée peut être insuffisante et ne pas jouer son rôle de modérateur des oestrogènes, rôle qu’elle a quand tout se passe bien.

Des déficiences nutritionnelles peuvent également intervenir, sachant qu’au moins 80% des gens gagneraient à se supplémenter au quotidien. Quand une femme souffre d’hyperoestrogénisme, son foie utilise tous les moyens pour venir à bout de la détoxication des oestrogènes, c’est à dire utilise des vitamines et des minéraux pour accomplir cette tâche, vitamines et minéraux qui vont manquer ailleurs pour le fonctionnement normal du corps. Une supplémentation nutritionnelles est alors à considérer pour rétablir un bon équilibre métabolique.

Pratiquer une activité physique de type aérobie est important pour avoir un coeur en bonne santé et également une bonne qualité d’oestrogènes. Bien réalisés les exercices aérobies aident à obtenir un bon rapport de bons/mauvais oestrogènes. Il existe en effet des oestrogènes qui ont besoin de beaucoup plus « d’ingrédients » pour être détoxiqués par le foie (les 16α-OH-oestrogènes pour les pointilleux)). Plus le rapport bons/mauvais oestrogènes est bon, meilleure est la détoxication hépatique, ce qui aide à se débarrasser d’un hyper-oestrogénisme.

Références  :

  1. Oestrogènes, du Docteur Aly Abbara
  2. Cos S1, González A, Martínez-Campa C, Mediavilla MD, Alonso-González C, Sánchez-Barceló EJ. Melatonin as a selective estrogen enzyme modulator. Curr Cancer Drug Targets. 2008 Dec;8(8):691-702.
  3. Smith AJ1, Phipps WR, Thomas W, Schmitz KH, Kurzer MSThe effects of aerobic exercise on estrogen metabolism in healthy premenopausal women. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2013 May;22(5):756-64. doi: 10.1158/1055-9965.EPI-12-1325.
  4. Nakagawa Y1, Suzuki T. Metabolism of bisphenol A in isolated rat hepatocytes and oestrogenic activity of a hydroxylated metabolite in MCF-7 human breast cancer cells. Xenobiotica. 2001 Mar;31(3):113-23.
  5. Zumoff B. Relationship of obesity to blood estrogens. Cancer Res. 1982 Aug;42(8 Suppl):3289s-3294s.

Une réflexion sur “ Oestrogènes et progestérone, comment régler le ratio ? ”

  1. Super intéressant ton article ……Une fois encore de quoi méditer sur nos apports nutritionnels ,alimentation et compléments merci !

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